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mercredi 11 septembre 2019

La chasse, pour ou contre ?

Chasseur
En cette période d’ouverture de la chasse en France, un nombre croissant de citoyens français manifeste son agacement vis-à-vis d’un lobby encore chouchouté par le pouvoir législatif et exécutif.
Pourquoi cette exaspération de la part de la majorité de la population ? 

Quelles sont les différentes catégories de chasse ? 
Il n’y a pas « une » chasse, mais des chasses. Qu’on peut, comme pour « la » pêche, regrouper en 4 types : 
- les chasses de subsistance, dont le prototype remonte aux chasseurs-cueilleurs du Paléolithique ; 
- les chasses commerciales ; 
- les chasses de loisir ; 
- les chasses de régulation (la nature s’étant débrouillée toute seule pour réguler la vie animale depuis l’explosion cambrienne voici plus de 500 millions d’années, on aura compris que ce concept se réfère en fait, grosso modo, à la régulation des conflits d’intérêt directs ou indirects entre l’homme et les autres animaux). 

On laissera de côté des catégories anecdotiques comme les chasses « scientifiques ». 

Les chasses de subsistance et les chasses commerciales visent d’abord à obtenir de la chair comestible ou des sous-produits animaux (peaux, cornes, plumes...) 

Les chasses de loisir et les chasses de régulation visent d’abord à tuer (même si elles peuvent déboucher sur de la chair comestible ou des sous-produits). 

Bien entendu, ce découpage est purement fonctionnel, les sciences humaines pouvant donner lieu à d’autres classifications. 

Ceci pour dire que de nos jours en France, c’est essentiellement la chasse de loisir qui existe, et qui est contestée en tant que telle. Même si elle s’affuble du faux-nez de la régulation, le cadre et les critères de cette dernière restant particulièrement délicats à définir. 

On pourrait dire que les chasseurs français ont en quelque sorte pour devise « Notre passion, c’est la régulation » .

On peut entendre un chasseur, inconnu qui aurait mérité de figurer dans le sketch des Inconnus, qui nous avoue « Cela me motive, disons, de voir un gibier devant moi, et tout ça. C’est comme les femmes, on voit une femme, ça nous motive. Ben le gibier c’est pareil, hein ! ». 

Je vais vous faire une confidence : j’ai plus de sympathie pour le franc-parler de ce gars que pour les pseudo-considérations de gestion de la nature ou de régulation de la faune derrière lesquelles aiment à se planquer les représentants des acharnés de la gâchette. 

Ceci étant, envisagerait-on de confier à DSK une mission de recrutement de personnel féminin censée reposer sur les compétences professionnelles des postulantes ? 

Quel carnage !
Quels sont les modes de contestation de la chasse en France ? 
Nous pouvons en retenir trois : 
- La contestation écologique 
Elle repose notamment sur la préservation de la nature et de la biodiversité. Les animaux y sont pris en considération en tant qu’espèces, et non en tant qu’individus. Donc elle se préoccupe plus particulièrement des espèces menacées 

- La contestation éthique 
Elle repose notamment sur la notion d’« intérêts » des animaux au sens de la philosophie utilitariste, à commencer par l’intérêt à ne pas souffrir, ou sur la notion de « droits » des animaux au sens de la philosophie déontologiste, à commencer par le droit à ne pas souffrir. Les animaux « sensibles » y sont pris en considération en tant qu’individus. 
Elle se préoccupe aussi bien des animaux classés « nuisibles » que « chassables », ou « protégés ». 
Bien entendu, en termes quantitatifs, les souffrances et les morts infligées par la chasse de loisir sont faibles par rapport à celles infligées par les hommes aux animaux en captivité, ou par rapport à celles simplement infligées par la nature elle-même (blessures, maladies, faim…) mais le pire ne saurait justifier le moins pire. 

- La contestation qu’on pourrait dire anthropocentrée 
Elle repose sur les dommages que peuvent causer les chasseurs soit sur les autres hommes (résidents, randonneurs, automobilistes…), soit sur leurs biens (intrusion dans les propriétés privées, dommages matériels, blessures ou morts d’animaux domestiques…) 

On aura compris que ces trois modes de contestation ne sont pas exclusifs, mais en fait coexistent volontiers. 

Préoccupation écologique et préoccupation éthique sont historiquement liées. 

Et cette préoccupation envers les animaux sauvages fut d’une part écologique, et d’autre part éthique. Ces deux aspects furent souvent liés, notamment en Europe du Nord et en Amérique du Nord, mais moins en France, où la préoccupation éthique envers les animaux a toujours un train de retard. 

Et préoccupation écologique et préoccupation éthique relèvent en dernière analyse d’attitudes « anthropocentrées ». Non pas au sens « égoïste » (au contraire), mais en cela que le souci de préserver les espèces, comme le souci d’éviter la souffrance, sont spécifiques à l’homme : « mère Nature » se fout pas mal que des espèces disparaissent, que ça soit par dérive génétique ou par changement climatique, de même qu’elle se fout pas mal que des individus souffrent, que ce soit par blessure, par maladie, ou par manque de ressources. 

Plusieurs événements ont ravivé, ces derniers mois, les vives polémiques entre opposants et partisans de la chasse, pratiquée par plus d'un million de Français. 

Depuis 2000, entre 125 et 150 accidents de chasse ont lieu chaque année en France. Au total, plus de 350 personnes ont été tuées. 

Les opposants à la chasse s'emparent de ces événements dramatiques pour dénoncer une pratique dangereuse. Les associations pointent également la cruauté envers les animaux et citent par exemple le cas de ce début novembre 

Deux blagues pour finir 
- Pourquoi les belges ont-ils arrêté la chasse aux canards ??? 
Parce qu'ils n'arrivaient pas à lancer les chiens assez haut ! 

- Pourquoi les belges apportent-ils un fusil aux toilettes ? 
Pour tirer la chasse !

Pour me contacter : manager@gregory-capra.com

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