jeudi 14 juin 2012

A la découverte de Romain Ponsart, espoir du patinage tricolore


Romain Ponsart

Au trophée Bompard 2012, Brian Joubert est forfait pour cause de blessure et l’équipe de France décide de le remplacer par un tout jeune patineur en la personne de Romain Ponsart, qui tout comme l’illustre Alban Préaubert est issu de Charleville-Mézières.
Ce jeune patineur porteur d’espoir et bourré de talent méritait bien que Kevin Fortin le mette en lumière.
Focus sur notre espoir du patinage tricolore déjà riche de talents.

Repères express
Nom :   PONSART                   
Prénom : ROMAIN
Date de naissance : 27 avril 1992
Originaire de : Charleville-Mézières
Ville actuelle :  Paris

KF «  Plutôt que de faire un grand discours, je vais te laisser la parole et te présenter. Présente-toi, parle-nous de ton parcours scolaire, de tes loisirs, hobbies, ce que tu aimes (films, musique, sports, activités…), tes diplômes. Fais-nous une biographie, ton palmarès. Comment en es-tu arrivé là ? Ton parcours jusqu’au dernier trophée Bompard. En dehors du patinage, qu’aimes-tu faire ? Pratiques-tu un autre sport ? »
RP « Je m’appelle Romain Ponsart, j’ai 19ans et je suis en terminale STG à l’INSEP.
Je fais du patinage artistique depuis que j’ai 6ans. J’ai commencé le patinage avec Elena Issatchenko à la patinoire de Charleville-Mézières qui porte maintenant son nom.
Elena a fait naître chez moi une grande passion pour le patinage et pour Alexei Yagudin un patineur russe dont je suis fan depuis mes débuts.
Peu de temps après mes débuts, j’ai commencé les compétitions et, à 10 ans, j’ai eu mon premier titre de champion de France avenir à Evry en 2002, 3ans plus tard mon premier titre de champion de France minime à Clermont Ferrand, en 2008 champion de France novice à Cergy et en 2010 et 2011 champion de France junior à Charleville et Cergy.
J’ai fait mes débuts internationaux à Liberec en 2005 où je termine à la 1ère position.
2006 fut un passage très difficile avec la disparition d’Elena qui était comme une 2eme maman pour moi.
Je voulais continuer ma passion mais sans Elena c’était difficile d’avancer et je ne voulais pas quitter Charleville, car pour, moi j’étais trop jeune.
J’ai donc fait 2 ans avec Guillemette Ancelet mais il était difficile de continuer le patin et les études en même temps. J’ai donc décidé d’intégrer l’INSEP avec Annick Dumont en 2009. Je connaissais bien Annick car j’ai fait mes stages d’été avec elle et j’adore m’entraîner avec elle.
Ma première compétition avec Annick sera les Master’s en 2009 où je finis 1er, deux sixièmes places en grand prix junior, et mon premier titre de champion de France junior. En 2010 2ème place au Master’s et 5eme à mes grands prix juniors, mon premier triple axel en compétition aux élites où j’obtiens ma qualification pour les championnats du monde juniors qui seront une grande déception pour moi car je casse le talon de mon patin le matin du programme court à l’entraînement, ce qui, par la suite, était très perturbent pour patiner, ensuite les championnats de France juniors à Cergy où je termine 1er et je passe mon premier quadruple boucle piqué et je finis la saison par le Triglav Trophy (international senior) où je termine 5ème.
En 2011 je choisis des programmes très ambitieux avec un quadruple et deux triples axels ce qui me met une grosse pression à chaque compétition car c’est tout nouveau pour moi. Le Bompard est ma grosse expérience de la saison même si ma préparation a été très courte car j’ai appris le forfait de Brian Joubert 2 jours avant le Bompard. Arrivé sur la piste de Bercy, j’étais comme un gamin, je n’arrivais pas à rester concentré sur ce que je faisais c’était juste magnifique et très impressionnant. A mon premier entraînement, j’ai bien tourné pendant 5 minutes sur la piste à ne faire que regarder les tribunes, la piste me paraissait immense, de plus se retrouver sur piste avec Patrick Chan (champion du monde en titre ) était aussi impressionnant mais il fallait se concentrer et se mettre dans la compétition car cette année le Bompard n’était pas en spectateur pour moi. Au programme court, je passe le quadruple et je fais l’erreur de me dire c’est bon c’est fait et du coup je rate les sauts d’après. Mais je n’avais pas tellement de regrets car j’étais là-bas pour apprendre et j’ai énormément appris. Pour le programme long, j’y suis allé avec beaucoup moins de pression contrairement au court et j’étais surtout moins impressionné.
Ma grosse déception de la saison est ma blessure à la cheville droite 2 jours avant les championnats de France Elites qui servait de sélection pour les Europe. Deux mois d’arrêt donc la saison était finie pour moi...
Pour finir la saison, j’ai fait une compétition internationale, le Triglav Trophy en Slovénie, où je termine à la 3eme place.
Je réalise mon premier quad/triple en compétition donc une fin de saison avec des points positifs malgré une grosse déception. »

Romain Ponsart en compétition (photo confiée par Evelyne Donnart) 
KF « Es-tu sollicité médiatiquement ? »
RP « Médiatiquement je suis encore peu sollicité comparé à de nombreux sportifs, je suis sollicité avant les grands rendez-vous comme le TEB ou avant les Master’s ou championnats de France. Donc oui, je commence à être somme toute sollicité par les médias. »

KF « En dehors du patinage, qu’aimes-tu faire ? Pratiques-tu un autre sport ? Que serais-tu sans le patinage ? »
RP « Le patinage est bien sûr ma grande passion mais je suis fan d’un autre sport qui est la formule 1, donc je pense que sans le patin j’aurai vraiment aimé me lancer dans le karting, j’adore ce sport et j’en faisais beaucoup quand j’étais plus jeune, il y avait une piste juste a coté de chez moi mais, maintenant que je suis sur Paris, j’ai peu de temps pour y aller. Depuis tout petit mon écurie préférée est Ferrari !
Sinon il y a beaucoup de sport que j’aime pratiquer avec mes amis comme le tennis, le foot, le ping pong. En dehors du sport, j’aime faire des sorties cinéma, les parties de playstation, me promener dans Paris et à l’Insep j’apprends beaucoup aussi sur les autres sports car chacun fait découvrir son sport aux autres. »

KF « Quel est ton livre préféré / ta chanson préférée /  ton film préféré ? »
RP « Mon livre préféré... je serai tenté de dire Le feu sur la glace de Brian Joubert où il m’y laisse un petit message qui m’a beaucoup touché.
Pour ce qui est de la musique, je n’ai pas vraiment de chanson préférée, j'aime toute sorte de musique, il y a un chanteur que j’adore, qui est Chris Brown, j’aime vraiment beaucoup de ses musiques et je ne saurais pas en citer juste une.
Mon film préféré, je pense que Gladiator est vraiment le film que j’ai le plus aimé, avec le dernier samouraï. »

KF « Ce que tu apprécies particulièrement ( ex vacances, cinéma…) ? Ce que tu détestes ?  On se la fait d’une pierre deux coups »
RP « Ce que je déteste : Je suis quelqu’un de très impatient donc je n’aime pas trop attendre... Dans le patinage je n’aime pas trop les pirouettes comme beaucoup de patineurs je crois. »

KF «  Pour en finir avec ta présentation, jusqu’où comptes-tu continuer tes études ? »
RP « Pour ce qui est des études, je ne sais pas trop jusqu’à quand je vais les continuer, j’ai deux options : soit continuer dans le sport et faire STAPS ou sinon me diriger vers le paysagisme. »

KF «  Passons si tu le veux bien à ta discipline. Présente là nous s’il te plait pour ceux qui n’aurait pas suivi »
RP « Le patinage artistique, je le pratique depuis l’âge de 6ans en individuel, maintenant je suis en senior pour ma première année et j’ai participé à mon premier grand prix ISU senior en novembre à Bercy. »

KF «  Comme nous l’avons évoqué précédemment, au dernier Bompard, B. Joubert, forfait, tu le remplaces. Cela fait quel effet ? »
RP « Au dernier Bompard, Brian forfait...  je l’ai appris le mardi soir vers 21h par un appel d’Alban Preaubert pour me souhaiter bon courage. A ce moment, je lui ai demandé pourquoi ? Il m’a répondu parce que tu vas au Bompard, Brian vient de passer à la télé pour annoncer son forfait donc là, gros coup de pression. Le lendemain, Annick Dumont (mon entraîneur) me dit « rendez-vous ce soir à Bercy car tu fais le bompard » donc pas de préparation une grosse montée de stress et de joie à la fois, depuis que je suis petit je rêve de patiner à Bercy à chaque fois que je regardais le Bompard j’avais les yeux qui brillaient et cette fois c’était moi sur cette piste ! J’aurai juste aimé gagner la sélection pour le Bompard et ne pas y participer par forfait de Brian surtout que ce forfait a dû être un coup dur pour lui mais à en voir sa fin de saison je pense que son moral est revenu au top !! »

KF « Que ressens-t-on de patiner devant autant de monde ? »
RP « Patiner devant autant de monde c’était juste incroyable !!! J’avais les yeux partout je ne voulais pas manquer une miette ! C’est juste magnifique ! On se sent minuscule au milieu ! Quand je suis monté sur la glace pour le programme court, je me suis dit « c’est pas possible comment je vais patiner ? » Je n’avais plus aucune sensation, le cœur qui battait à mille à l’heure, et les jambes qui tremblaient. Une fois la musique partie, ça va un peu mieux et surtout après le quadruple passé ça va mieux !! Mais j’ai fait l’erreur de me dire « c’est bon c’est fait » je ne me suis pas très bien concentré sur le reste. »

Romain Ponsart sur la glace
KF «  Quels sont tes points forts et tes points faibles. »
RP « Un grand point fort, je trouve que c’est quand le public nous suit sur un programme qu’il nous encourage, on se laisse porter par le bruit des claquements de mains et on ne se fait plus une montagne du programme on prend vraiment plaisir à patiner, je trouve que le public est quelque chose de très important surtout quand les jambes commencent à être lourdes le public a une force pas croyable pour nous pousser. Et mon point faible, c’est tout simplement le contraire les compétitions sans ambiance..... dans une ambiance froide je trouve que ce n’est pas motivant que ça ne donne pas envie d’allé patiner, bien sûr l’envie de gagner est toujours là mais le souvenir d’une compétition dépend énormément du public. »

KF « Ton meilleur souvenir de compétition»

RP « Mon meilleur souvenir de compétition... je pense que c’est le Bompard au niveau ambiance et les France élites 2010 et les France junior 2011 au niveau performances. Au France élites, je fais mon 1er triple axel en compétition, et au junior mon premier quadruple piqué. »

KF «  Quel est ton modèle de patinage (vers le patinage de qui tu voudrais tendre) ? »
RP « Mon patineur préféré est Alexei Yagudin, je suis complètement fan depuis tout petit je trouve ce patineur extraordinaire, pour moi c’est le meilleur patineur de tous les temps. Au jour d’aujourd'hui il y a énormément de très bons patineurs et c’est difficile d’en choisir juste un. »

KF «  Qui actuellement sont ceux qui sont tes adversaires, les patineurs que tu crains un peu en quelque sorte, des références ? »
RP « En France les adversaires sont Florent et Brian, donc mon but est de me rapprocher le plus possible des scores de ces deux grands patineurs. C’est un objectif extrêmement difficile surtout quand on voit leurs résultats respectifs au championnat du monde de Nice avec un tel niveau, des résultats que je félicite d’ailleurs. Grâce à ces 2 patineurs le niveau français est très haut donc cela me pousse vraiment vers le haut et quand on a un patineur avec la carrière de Brian dans son pays on ne peut que rêver de la même chose, car, même s’il a connu des hauts et des bas, Brian aura eu une carrière vraiment incroyable et de très haut niveau. Après, avec Chafik, nous sommes dans les mêmes points donc pour le moment c’est l’homme à battre et pourquoi pas d’ici quelque temps aller chercher des patineurs comme Brian et Florent. »

KF «  Quelle est la journée type d’un patineur en stage de préparation ? »
RP « Une journée type pour moi c’est ça : de 7h45 à 10h35 école. De 11h15 à 13h15 entraînement, ensuite 14h15 à 16h15 école, 16h45/18h45 patin 19h à 20h préparation physique et de 20h30 à 22h école. Ce sont des journées assez chargées et fatigantes, mais les études sont importantes aussi donc j’essaie de faire les deux.
Ensuite en stage d’été, nous patinons le matin de 10h à 12h de 15h à 17h et de 19h à 20h30. »

KF « Que vas-tu spécifiquement travailler comme points cette année afin d’atteindre tes buts ? »
RP « Maintenant pour viser de gros scores, il va falloir faire des programmes parfaits. L’année dernière le but était surtout de faire des axels et quads en programme, on avait laissé le reste un peu de côté et, cette année, il va falloir tout associer, les pirouettes, les pas, les sauts et ne plus se focaliser que sur quad et axel donc la tâche va être encore plus difficile. »

Romain Ponsart
(photo confiée par Evelyne Donnart)

KF « Quels sont tes objectifs cette année, le gros enjeu. A court terme et à moyen terme ? »

RP « Cette année, chaque compétition pour moi va être un enjeu car je vais devoir montrer à la fédé que je suis capable d’être présent sur des grosses compétitions et essayer de gagner leur confiance, ce qui n’est pas une mince affaire. Ensuite j’espère participer aux Europe et aux monde. »

KF « Quelles sont les qualités nécessaires pour devenir un bon patineur ? »
RP « Pour être un bon patineur de nos jours c’est très compliqué, il faut savoir tout faire (pirouette, pas et sauts) et avoir une glisse digne d’un danseur. Il n’y a cas regarder le patinage de Patrick Chan et de Daisuke Takahashi pour comprendre. Leur qualité de patinage est incroyable, des sauts très fluides qui donnent une impression de facilité assez incroyable. »

KF « Quel regard portes-tu sur ta discipline ? »
RP « Je trouve que le patinage est un sport magnifique, il faut allier performance physique et beauté, et, preuve que beaucoup de patineurs le font très bien, car combien de personnes nous disent le patinage ca semble tellement simple mais je pense qu’ils ne se rendent pas compte du nombre d’heures d’entraînement qu’il faut avant de devenir un bon patineur. »

KF «Pour faire le tour complet, voyons tes perspectives. D’abord, tes ambitions » 

RP « Mes ambitions, comme je l’ai dit ci-avant, c’est de me rapprocher le plus possible des scores de Brian et Florent qui sont à la tête de l’équipe de France chez les hommes. »

KF «  Tes envies futures »
RP « Mes envies futures... ma plus grande envie est de pouvoir continuer mon sport avec toute cette passion, avoir toujours autant de plaisir à patiner, le patinage est avant tout un plaisir donc ma plus grande envie c’est de ne pas perdre cette passion. »

KF «  As-tu des projets ou des attentes particulières ? »
RP « Mes projets, je ne me dis pas « il faut que je fasse telle chose ou telle autre », je vis chaque jour à fond j’essaie de donner le meilleur de moi-même à l’entraînement comme en compétitions, après, les résultats, on souhaite toujours gagner. »

KF «  Tu es encore jeune, tu as le temps mais en te projetant dans l’avenir, où te vois-tu dans …disons dix ans ? »
RP « Dans 10 ans, je n’ai aucune idée d’où je serai. Peut-être à l’étranger pour des galas, peut-être en France avec un travail complètement différent du patinage, je ne sais pas du tout. »

KF « Quels conseils donnerais-tu à un jeune patineur ? »
RP « Le conseil que je donnerai à un jeune patineur, c’est que s’il a la passion du patinage et un rêve, de ne jamais lâcher et de poursuivre son rêve, qu’il y aura des moments de haut et de bas mais que rien n’est impossible. »

KF «  Pour finir et avoir ton avis, pourquoi le patinage est-il si peu médiatisé ? Que penses-tu de l’image de ce sport en France ?
RP « Je pense que le patinage n’est pas beaucoup médiatiser car ce n’est pas un sport très regardé par les jeunes. Il y a trop l’idée de danse, de sport de filles et ils ne se rendent pas compte de la difficulté.
Je pense que l’image de ce sport ne fait pas assez jeune, il faudrait y mettre un peu de fantaisie, peut-être pour pousser les gens à regarder, leur donner envie de regarder une compétition jusqu’à la fin, peut-être en faisant participer le public.... »

Article rédigé par Kevin FORTIN

Pour contacter Kevin : manager@gregory-capra.com

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