mercredi 19 octobre 2016

Sport et masturbation

Les anneaux olympiques
Tout le monde connaît le rôle essentiel joué par la testostérone chez l'homme à la puberté. Ce que peu des personnes savent, c'est que parmi l'ensemble des hormones produites par notre corps, la testostérone est également celle qui participe le plus au développement musculaire car elle contribue activement à la synthèse des protéines. Une augmentation de votre taux de testostérone va donc favoriser votre prise de masse musculaire mais également un gain de force, une hausse de la densité osseuse et un meilleur contrôle de masse grasse dans le corps.

Un bon niveau de testostérone dans le sang est aussi source de bienfaits pour votre métabolisme car il va permettre de réduire votre taux de glucose, de baisser la tension artérielle et d'accroître le nombre de globules blancs dans le sang.

Tout bon sportif, pour une meilleure efficacité de ses entraînements, se doit donc d'atteindre et de conserver un taux de testostérone élevé.

Or, comme chacun le sait, la testostérone a aussi des effets indéniables sur la libido et la formation de ce que les scientifiques appellent le « sperme fonctionnel ».

Cette situation est à l'origine d'un débat, récurrent dans le milieu sportif avant chaque grande compétition, sur les effets de la sexualité sur les performances des athlètes. Certains coachs interdisent ainsi toute activité sexuelle, même solitaire, dans les heures, voire dans les semaines qui précèdent une importante compétition. A contrario, d'autres affirment qu'une intense activité sexuelle à quelques heures d'une compétition va libérer l'énergie nécessaire pour gagner.

Existe-t-il des éléments qui permettraient de trancher définitivement cette épineuse question ? La masturbation a-t-elle un impact positif ou négatif sur le taux de testostérone dans l'organisme ?

L'idée selon laquelle l'abstinence aide les performances sportives n'est pas nouvelle. Attentifs à tous les facteurs qui pourraient nuire aux athlètes, les entraîneurs ont, dès l'Antiquité, essayé de pousser les performances de leurs sportifs. Dans son traité, « Du régime salutaire », Hippocrate a même consacré un chapitre à cette question, intitulé « Du régime à suivre par les gens qui se livrent aux exercices physiques, par exemple les athlètes. Des précautions à prendre ».

L'attitude la plus commune est à l'époque de prôner l'abstinence afin de garder en soi le maximum de sève vitale et donc d'énergie. Durant l'Antiquité, l'observation des changements physiques dus à la puberté amenait en effet à croire que le sperme était le responsable de la « virilisation » de l'individu. Et pour expliquer les propriétés bénéfiques du sperme sur les performances sportives, on imaginait qu'il était « repompé » dans le sang.

Il convenait donc de conserver cette semence pour insuffler au corps le maximum d'énergie. Dans ces conditions, le choix de vie de sportif impliquait le renoncement à la sexualité.

Chez les Grecs, la même chasteté était exigée des guerriers avant les combats. A contrario, les gladiateurs romains, reconnus pour leur grande ardeur au combat, passaient la nuit précédent leur passage dans le cirque en festins (et orgies) avec des femmes.

Malgré quelques remises en cause, cette tendance a perduré jusqu'au 20e siècle, les entraîneurs interdisant aux sportifs toute pratique sexuelle dans les stages préparatoires et les compétitions en raison de la fatigue préjudiciable à la performance sportive. Même si cette hypothèse ne trouve pas de confirmation scientifique, nombre de coachs et de dirigeants confinaient alors leurs athlètes dans le jeûne sexuel avant la compétition, pour éviter toute perte d'énergie physique et mentale.

Les performances de Bob Beamon, recordman du saut en longueur aux JO de Mexico, en 1968, ont sérieusement ébranlé les théories sur les vertus de cette pratique. Le détenteur du record à 8m90, qui ne sera battu qu'en 1991, s'était préparé... dans l'intimité de sa chambre avec sa petite amie !

Pour apporter ma modeste contribution au débat ô combien crucial sur la question, je partirai tout d'abord d'un constat unanime : les chercheurs ont observés un taux de testostérone plus élevé chez l'homme, de l'ordre de 0,5 nanogramme par millilitre de sang, lors de périodes d'abstinence... de trois semaines !

Or, chez l'homme, le taux de testostérone dit « normal » peut varier entre 300ng par décilitre de sang et 1 000 à 1 200ng/dl de sang. Il n'est pas sûr qu'une différence de l'ordre de 0,5ng/ml de sang ait donc une réelle influence sur le développement musculaire ou les performances sportives.

Par ailleurs, une étude récente réalisée sur des athlètes masculins abstinents ou non, mesurant différents paramètres cardiovasculaires et hormonaux, a permis de conclure à l'absence d'altération des capacités physiques et de la concentration.

Enfin, il est de nos jours clairement établi que la masturbation, qui ne comporte pas les risques émotifs liés à la présence de son partenaire, joue un rôle d'apaisement et de détente qui apporte une certaine sérénité dont les athlètes peuvent tirer bénéfice durant leurs compétitions sportives. Il s'avère même qu'elle aurait un effet équilibrant sur le plan psychologique.

Si les connaissances actuelles ont permis de changer de regard sur cette question, le débat risque toutefois d'agiter le petit monde sportif pendant des décennies encore car les préjugés ont la vie dure.

Pour vous faire votre propre idée sur la question, pas besoin de tergiverser, vous savez quoi faire : Mettez-vous au sport ! Et pour optimiser vos entraînements et obtenir des conseils adaptés à vos besoins, n'hésitez pas, contactez-moi.

Pour me contacter : manager@gregory-capra.com

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